A la découverte d’une perspective extraterrestre

A la découverte d’une perspective extraterrestre

Au sujet d’une perspective « extraterrestre » et sa relation à l’inspiration et l’écriture dans une discussion avec l’auteur Alan McCluskey.

See the English version: Exploring an alien perspective.

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Histoires abracadabrantes 

J’ai toujours voulu écrire. Gamin, j’inventais plein d’histoires abracadabrantes dans ma tête surtout lors de longues balades à vélo à travers le sud d’Angleterre. Toutefois, l’école m’a laissé avec une conviction que j’étais nul en écriture. On ne pouvait pas être bon en anglais et mathématiques. Alors je suis devenu mathématicien, le temps des études universitaires, avant de devenir prof d’anglais, artiste vidéo, éditeur d’un magazine sur les arts électroniques, enseignant aux beaux arts, CEO d’un start-up, coordinateur de projets internationaux et chercheur en technologie éducative. 

James Joyce et observation

Mon écrivant préféré était James Joyce. Vouloir imiter son style ou sa façon d’aborder l’écriture était un frein supplémentaire à mon désir d’écrire. Pour lui, la vie était une riche source pour ses livres. Il observait tout et notait ce qui se passait. Face à cette capacité d’observation je me sentais inadéquat. Ce n’était que bien plus tard que je me rendait compte que j’observais le monde autrement. Plutôt que d’inscrire mes observations dans un cahier, j’avais, malgré moi, emmagasiné  un vaste stock de vignettes de la vie, des gens et de leur langage, qui se présentait à moi quand j’en avais besoin pour écrire.

La fossé entre ce que tu écris et ce que tu veux dire

Mes différentes activités m’ont amené à écrire des articles et des rapports. Pendant ce temps, une amie m’a beaucoup aidé avec l’écriture, me permettant de réduire la fossé entre mes mots et ce que je voulais dire. C’est seulement à l’âge de 55 ans, peu avant de prendre ma retraite, que je me suis lancé à écrire mon premier roman en anglais, The Reaches. Depuis, en presque 20 ans, j’ai écrit 19 romans dont 12, bientôt 14, ont été publié.

Mon roman le plus récent

Le dernier roman en date, L’entre-deux, raconte l’histoire d’une jeune fille qui s’embarque dans un voyage à d’autres univers en quête d’une remède pour sa grande mère qui souffre d’ Alzheimer’s. Bien plus qu’une remède, elle découvre des forces en jeu qui vont bouleverser les mondes qu’elle visite.

Inspiration pour écrire

Je partage avec beaucoup de romanciers, une approche de l’écriture basée sur I’inspiration. C’est à dire, plutôt que de méticuleusement préparer la trame de mon histoire à l’avance, je me laisse conduire par l’action et les personnages pour découvrir, au fur et à mesure de l’écriture, ce qui se passe. Au début du livre, et souvent bien plus tard, je n’ai aucune idée comment cela va se terminer, ce qui peut être assez inquiétant.

Le regard extraterrestre 

C’est bien tardivement que je découvre un intérêt pour la photo et encore plus tard la vidéo artistique. J’ai suivi pendant quelques années une formation à l’école des Beaux-arts de Genève avant d’enseigner à l’école cantonale d’art de Lausanne et d’œuvrer pour les arts électroniques en Europe. J’ai eu plusieurs expos, mais la photographie reste pour moi une manière de partager un regard autrement. La même amie qui m’aidait à l’écriture, avait l’habitude de parler du ‘regard d’extraterrestre’, une façon inhabituelle de voir le monde. C’est ce regard d’extraterrestre qui anime mon travail photographique mais également l’écriture de mes romans.

Explorer l’inattendu

Pour moi, écrire est essentiel. Je m’amuse à dire que cela m’évite des frais de psychanalyste. Blagues à part, écrire me permet de partager des situations qui montrent d’autres vistas, d’autres façons de faire, des solutions auxquelles on n’a pas forcément songé. C’est ça la force de mes romans: explorer des pistes inattendues en toute sécurité, des pistes qui permettent à la créativité de mes personnages, souvent des jeunes filles, mais aussi de la lectrice et le lecteur, d’éclore.