This is the second part of an ongoing discussion about gender. It constitutes my response to a number of questions raised by a psychoanalyst friend. (version française plus bas)

The place of language in thought
When we witness a beautiful sunset or listen to a moving piece of music, we are filled with emotions that can defy words. However, to be able to think these emotions or communicate them to others we need to give them a form other than pure emotions. We could resort to some form of artistic expression but the most economical and common way would be to use language. This is why I say, our thinking is made up of language and it is language we use to communicate our thoughts to others. Of course, we can use it to dissect language, to discuss its functioning and its limits. But we are always confined by language, by its structures, its limits, its history and the enormous corpus of associations and connotations which colour each word.
Gender and the French language
French adds an additional level of complexity of expression to language with the gender of nouns. A table in French is feminine (une table) whereas a bank note (un billet de banque) is masculine. This ‘gender’ seems to have nothing to do with gender as we consider it for human beings. Even when a word refers to a part of the body, the gender of that body is not necessarily respected. Vagina, in French, is masculine (le vagin) whereas one word for a penis is feminine (une verge). But there is another difference with English that I have already raised elsewhere (See Gender astride the Channel). This is the possessive pronoun. In English if we say ‘his dress’ we know that the skirt belongs to a boy or a man. Whereas in French the possessive pronoun in ‘sa robe’ indicates the gender assigned to the word but says nothing about the gender of the person wearing it. In conclusion, it is possible that these differences between English and French lead to a different positioning regarding gender.
Adopting a position concerning the debate about gender
I ended my first contribution by saying: We could imagine a society that would welcome multiple expressions of gender as a wealth… and not a defect. I thought my position was clear. Not only am I in favour of a multitude of gender expressions, but I am convinced that humanity is evolving in that direction. I personally stand arm in arm with those who feel other than simply male or female. In saying so, I admit I fear the violence of those who oppose such a position and who would like to eliminate all ambiguity. I plead for an open and tolerant attitude towards this change, for a world in which multiple gender expressions are a wealth to be cultivated.
See first part of the discussion: Sexual Transition? And the 3rd part: Untangling sex, gender and sexuality.
(2) Langage, pensée et genre
Ce qui suit est la deuxième partie d’une discussion en cours sur le genre. Il constitue ma réponse à un certain nombre de questions soulevées par un ami psychanalyste.
La place du langage dans la pensée
Bien entendu, quand on assiste à un beau coucher de soleil où qu’on écoute un morceau de musique émouvant, on est rempli d’émotions qui peuvent dépasser les mots. Toutefois, pour pouvoir penser ces émotions ou les communiquer à quelqu’un d’autre on peut avoir recours à une forme d’expression artistique mais le manière la plus économe et la plus usitée est d’utiliser le langage. C’est pourquoi je dis, notre pensée est faite de langage et c’est le langage qu’on utilise pour communiquer nos pensées aux autres. Bien sûr, on peut utiliser le langage pour le disséquer, pour discourir sur son fonctionnement et ses limites. Mais on est toujours cantonné par le langage, par ses structures, ses limites, son histoire et l’énorme corpus d’associations et de connotations qui colorent chaque mot.
Le genre et la langue française
Le français ajoute un niveau de complexité de l’expression avec le genre des substantifs. On dit, apparemment arbitrairement, ‘une’ table ou ’un’ billet de banque. Ce ‘genre’ ne semble rien avoir à faire avec le genre tel que l’on le considère pour les êtres. Même quand un mot réfère à une partie du corps, le genre du corps n’est pas nécessairement respecté. On dit le vagin alors que l’on parle de la verge. Mais il y a une autre différence avec l’anglais que j’ai déjà soulevé ailleurs (Voir Gender astride the Channel). Il s’agit du pronom possessif. En anglais si on dit ‘his dress’ on sait que la jupe appartient à un garçon ou un homme. Alors qu’en français ‘sa robe’ indique le genre attribué au mot mais ne dit rien du genre de la personne qui la porte. En conclusion, il est possible que ces différences entre l’anglais et le français induisent un positionnement différent face au genre.
Prendre position face au débat sur le genre
J’ai terminé ma première contribution en écrivant: On pourrait imaginer une société qui accueillerait des multiples expressions de genre comme une richesse… et non pas une tare. J’ai pensé que ma position était claire. Je suis non seulement favorable à une multitude d’expressions de genre, mais je suis convaincu que l’humanité évolue dans ce sens. Je me situe personnellement du côté des personnes qui se sentent autrement que simplement homme ou femme. Même si, en le disant, je crains la violence de ceux et celles qui s’y opposent et qui voudraient éliminer toute ambiguïté. Je plaide pour une attitude ouverte et tolérante envers ce changement, pour un monde dans lequel des multiples expressions de genre sont une richesse à cultiver.
Voir la première partie de la discussion: Transition sexuelle?

